L’étonnant paradoxe au cœur des luttes antiracistes est que la destruction des institutions racistes n’aurait pas été possible sans l’espace de mobilisation intellectuelle et politique qu’offraient les institutions ségréguées racialement. Cet article examine la contradiction apparente selon laquelle les institutions à prédominance noire, en particulier les colleges et universités historiquement noirs (HBCU), ont été des espaces essentiels pour ancrer les contestations de l’ordre racial étasunien entre les années 1860 et les années 1930. Il analyse les diverses forces qui ont façonné la conscience politique et les expériences des deux cohortes générationnelles d’universitaires noirs qui sont passées par les HBCU. Il montre comment cette histoire, ainsi que des développements similaires ultérieurs tels que le mouvement des droits civiques, remettent en question les notions contemporaines d’« aveuglement à la race » et/ou d’effacement des identités raciales.
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